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2 LES CHANGEMENTS APPORTÉS AUX STRUCTURES ET AUX PROCESSUS DÉCISIONNELS

2.5 L’ÉDUCATION EN MATIÈRE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE

En 1992, peu après la CNUED, plus de 4 000 éducateurs en environnement de 90 pays se sont réunis à Toronto pour le plus grand rassemblement d’éducateurs en environnement de l’histoire du Canada, Eco-Ed. Le Canada a aidé ses citoyens à se renseigner sur l’environnement en mettant sur pied, entre autres, le Réseau canadien d’éducation et de communication relatives à l’environnement (EECOM), dont la création remonte à 1993. EECOM a pour mission d’amener les Canadiens à mieux connaître leur environnement en permettant à des enseignants, à des spécialistes et à des communicateurs de travailler ensemble à sensibiliser les particuliers, les organismes et les collectivités aux questions environnementales et à les responsabiliser à l’égard de ces questions.

À l’échelon postsecondaire, les Centres canadiens de recherche sur le développement durable (CCRDR) regroupe des instituts de recherche et d’importants programmes d’enseignement des secteurs du développement durable, de la politique environnementale et de l’écotechnologie. Les dirigeants des principaux programmes d’études de l’environnement qui enseignent au deuxième cycle universitaire et dans des centres ou instituts de recherche universitaires font partie de ce réseau. Plusieurs universités canadiennes (comme l’Université de la Colombie-Britannique, l’Université de Moncton, l’Université du Nouveau-Brunswick, l’École polytechnique, l’Université du Québec à Montréal et l’Université de Sherbrooke) ont institué des chaires en développement durable, de même que des centres ou des instituts de recherche dans ce domaine. Le gouvernement du Québec a mis sur pied le Fonds d’action québécois pour le développement durable afin de financer la recherche et d’offrir des bourses à des étudiants. Pour sa part, le gouvernement fédéral a créé des bourses d’études afin de promouvoir la recherche interdisciplinaire sur des sujets liés au développement durable.

Parmi les autres initiatives dignes d’intérêt relevant du domaine de l’éducation, signalons :

  • L’éducation au service de la Terre (EST), un organisme sans but lucratif, travaille avec les éducateurs de toutes les régions du pays à inclure dans les programmes d’études de tous les niveaux scolaires les principes et les concepts du développement durable, par un appui à l’élaboration de programmes d’études et de politiques se rapportant au développement durable, l’élaboration de matériel didactique, le perfectionnement professionnel et le renforcement des compétences.
  • Le projet Hurley Island est un cours donné dans Internet, qui porte sur le développement durable et la technologie d’Internet et qui réunit dans la même classe virtuelle des étudiants de tous les coins du Canada afin de discuter des visions du développement durable au Canada.
  • Green Street est un projet pilote novateur présentement offert dans les provinces de l’Atlantique, en Alberta et en Colombie-Britannique. Il permet aux professeurs et aux étudiants de choisir un programme environnemental présélectionné qui répondra à leurs besoins et à leurs intérêts.
  • La société albertaine d’éducation environnementale FEESA assure la promotion, la coordination et le soutien d’une éducation équilibrée en matière d’environnement et de développement durable sur des sujets tels que l’énergie, les changements climatiques et l’eau.
  • Le Nova Scotia Museum of Natural History [Musée d’histoire naturelle de la Nouvelle-Écosse] a lancé un projet de phénologie intitulé Mille regards où les élèves observent, consignent et étudient des événements de l’histoire naturelle afin de mieux comprendre les changements climatiques. Ce projet se fonde sur un programme d’observation entrepris dans les écoles de la Nouvelle-Écosse il y a cent ans.

C’est en dehors des salles de cours que sont données certaines des leçons les plus importantes en matière de protection de l’environnement. Les gouvernements continuent de jouer un rôle primordial, celui d’informer les consommateurs des retombées environnementales de leurs choix en diffusant, par exemple, le taux de rendement énergétique des automobiles et des appareils électroménagers. Plusieurs services publics donnent des conseils sur la réduction de la consommation de l’énergie et de l’eau. Pour leur part, les groupes environnementaux, qui ont fait de la sensibilisation à l’environnement la pierre angulaire de leur mouvement, organisent diverses activités sur des thèmes précis comme la protection de la faune, l’air pur et l’utilisation réduite des pesticides.

Depuis 1999, Environnement Canada a permis à plus de 5 400 Canadiens de participer à une consultation nationale en vue d’élaborer le Cadre national en matière d’éducation relative à l’environnement et à l’avenir viable. Il s’agit de la réponse du Canada à la demande faite par l’UNESCO aux pays de mettre en oeuvre les recommandations contenues dans le chapitre 36 d’Action 21 sur la promotion de l’éducation, de la sensibilisation du public et de la formation. Ce cadre, ainsi que plus de 300 plans d’action de membres d’une alliance stratégique sur l’éducation et le développement durable regroupant tous les secteurs de la société, sera déposé au Sommet mondial sur le développement durable (SMDD).

Il va de soi que les efforts éducatifs mettent du temps à porter fruit. Même si les Canadiens sont plus sensibles que jamais aux questions environnementales, les sondages d’opinion révèlent que bon nombre d’entre eux ne font pas le lien entre les choix dictés par leur mode de vie et leurs répercussions sur l’environnement. Cette situation entraîne des comportements sociaux paradoxaux où, par exemple, un taux de recyclage des produits ménagers supérieur à la moyenne coexiste avec une demande soutenue de gros véhicules à forte consommation d’essence.

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