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Le Sommet mondial est l'occasion de passer à l'action

Opinion éditorial — Le ministre de l'Environnement, David Anderson

Du 26 août au 4 septembre, des milliers de personnes seront à Johannesburg, en Afrique du Sud, à l'occasion du Sommet mondial sur le développement durable (SMDD). La communauté internationale a la ferme intention de faire porter le sommet sur l'élaboration de plans réalistes et l'établissement de partenariats efficaces afin que des résultats soient produits. Le Canada est résolu à contribuer à la réalisation de ces objectifs et d'autres encore.

Tous les participants au sommet s'entendent essentiellement sur la nécessité que des méthodes unifiées soient adoptées pour répondre aux priorités économiques, sociales et environnementales de la planète. Ils conviennent également que de simples visions générales ne nous inciteront pas à passer à l'action.

Il est évident que le sommet est nécessaire. Le printemps dernier marquait la 19e saison consécutive où étaient enregistrées au Canada des températures supérieures à la normale. Selon les estimations, un cinquième des maladies dominantes sur la planète sont liées à la détérioration de l'environnement. Un milliard de personnes subsistent avec moins d'un dollar US par jour et presque 1,5 milliard n'ont pas accès à de l'eau propre ou à des sources d'énergie fiables.

Les décisions prises au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro il y a dix ans constituent le fondement de notre action. La communauté internationale réagit désormais bien mieux à l'égard de dossiers tels les changements climatiques et la protection de la diversité biologique de notre planète. Au Canada, nous avons été témoins de progrès comme la nouvelle législation visant la protection de la biodiversité et la protection de l'environnement.

Tout aussi important est le fait qu'un plus grand nombre de partenaires relèvent le défi du développement durable, qu'il s'agisse de chefs d'entreprise à la tête de sociétés qui trouvent des solutions novatrices permettant de réduire les impacts et les coûts environnementaux, ou de municipalités ou de groupes locaux qui prennent des mesures afin d'accroître la qualité de vie des collectivités dès maintenant et pour les générations à venir.

Cependant, le rapport national du Canada en vue du SMDD et les rapports des autres pays soulignent également les nombreux défis et obstacles jonchant la voie menant à cet objectif. Par conséquent, l'ordre du jour de la rencontre de Johannesburg a été établi en fonction des leçons tirées de celle de Rio.

La plus importante de ces leçons est la nécessité de se consacrer particulièrement sur les dossiers-clés qui ont été ciblés, dans les domaines où les résultats peuvent avoir le plus de poids, plutôt que d'élaborer des visions générales sur une vaste gamme de sujets. Certaines questions mobiliseront l'attention des participants au sommet, par exemple le meilleur accès à de l'eau propre et à des sources d'énergie fiables, l'amélioration de la santé des populations, en particulier grâce à une plus grande salubrité du milieu où vivent ces personnes, et la prise en compte des priorités agricoles et de la diversité biologique.

Le Canada convient que ces dossiers sont dignes de l'attention des participants au sommet. Nous croyons que le but à atteindre est de garantir l'intégration, à l'échelle planétaire, dans tous ces domaines, des questions relatives à l'environnement, à l'économie et au développement social et de trouver des manières de dynamiser l'action, en particulier grâce à l'établissement de partenariats axés sur la réalisation de nos objectifs communs.

En ce qui nous concerne, le Canada contribuera à la réussite du sommet en mettant l'accent sur quatre éléments clés.

Le développement durable en Afrique — Sur le plan social, économique et environnemental, l'Afrique doit surmonter des difficultés plus grandes que tout autre continent. Toutefois, les dirigeants africains ont convenu de mesures audacieuses. En sa qualité de président de la rencontre des États du G8 en 2002, le Canada a joué un rôle de premier plan dans l'élaboration du Plan d'action pour l'Afrique qui témoigne de la ferme intention de collaborer avec celle-ci. Au sommet, le Canada s'efforcera de trouver des moyens pratiques et valables de tirer parti des progrès accomplis.

Partenariats — Du point de vue du développement durable, les meilleurs résultats sont ceux qui découlent d'un engagement conjoint de tous les partenaires de la société. En particulier, le Canada est d'avis qu'il est essentiel que nous tirions parti du dynamisme, des ressources et de la pensée novatrice des entreprises aux fins de l'action internationale, de la même manière que nous nous le faisons au pays. Cette approche permet souvent de mettre à profit des technologies, des mécanismes et des investissements nouveaux et améliorés afin de réduire la pauvreté et de répondre aux besoins environnementaux. Au Canada, on constate de nombreux exemples de partenariats effectifs à l'échelon communautaire. Le développement de collectivités durables est donc l'objectif visé à tous les échelons — administrations fédérale, provinciales, territoriales ou municipales, peuples autochtones, population, secteur privé et société civile.

La santé et l'environnement — Il est évident que la salubrité de l'environnement est un facteur important de la santé de la population. Le Canada collabore avec les autres pays du G8 et nos partenaires dans toutes les Amériques et les Caraïbes à l'élaboration de plans d'action axés sur la résolution de problèmes environnementaux qui influent sur la santé. Il est temps que ce type d'approche intégrée en matière de santé et d'environnement soit élargi à l'échelle planétaire.

La gouvernance — Les faiblesses du cadre légal et institutionnel de collaboration internationale pour le développement durable ont constitué un des éléments qui, au cours des dix dernières années, ont prévenu la prise de mesures plus efficaces. Les responsabilités et les ressources sont disséminées ça et là et sont mal définies. Le Canada a notamment pris l'initiative d'un mécanisme qui a cerné des procédés visant à renforcer le Programme des NU pour l'environnement, dans le contexte d'améliorations plus vastes à apporter dans le domaine de la gouvernance. Notre intention de poursuivre dans cette voie à Johannesburg pour déboucher sur une réceptivité et une efficacité accrues.

Le Canada prêtera très attention à d'autres dossiers que nous pourrions appuyer et qui sont importants aux yeux des Canadiens, en particulier la gestion durable des ressources naturelles, surtout celle des forêts et des mines.

Nul doute que notre planète doit surmonter des obstacles de taille et que des progrès et des reculs ont été enregistrés aux cours des dix dernières années. À Johannesburg, la communauté internationale a la chance d'adopter un ordre du jour clair, axé sur l'atteinte de résultats, qui nécessite l'engagement plein et entier de tous les partenaires possibles. Le Canada fera sa part pour que le Sommet mondial sur le développement durable soit couronné de succès.


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